Cet article présente Anna Engelhardt, une femme quasi-inconnue en France et peu étudiée en Russie, malgré le rôle important qu’elle joua dans la vie sociale et culturelle de son pays au XIXe siècle. Elle fut à la fois rédactrice en chef, traductrice, éditrice, critique littéraire et plus encore… Née en 1838 à Saint-Pétersbourg, elle apprit très tôt plusieurs langues étrangères, parmi lesquelles le français et l’anglais. C’est elle qui familiarisa le lecteur russe avec les œuvres d’Émile Zola, de Guy de Maupassant, de François Rabelais, de George Elliot et de Louisa May Alcott. Elle fit les premières traductions de quelques oeuvres de Jean-Jacques Rousseau, de Victor Hugo, de Gustave Flaubert et d’Heinrich Heine. Elle est, en outre, l’autrice (ou co-autrice principale) d’un imposant dictionnaire allemand-russe en deux volumes, paru en 1877. L’article se concentre notamment sur ses liens étroits avec Zola et son interprétation de Rabelais, auquel elle attribuait une place particulière. Il s’appuie sur des documents conservés aux Archives centrales d’État de la littérature et de l’art de Saint-Pétersbourg et au département des manuscrits de l’Institut de littérature russe.