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Article

Rupture avec le pays natal: La métaphore de l’expérience exilique dans l’écriture autobiographique

Daria Terebikhina-Noël (1)
(1) Institut des Langues et Cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie
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Importé le
June 8, 2026
Publié le
June 8, 2026
Modifié le
June 8, 2026
Volume 55
Rupture(s). Actes des Doctoriales de l’Europe médiane et de l’espace (post)soviétique (DEMEPS 2023)
DOI
10.46298/slovo.2026.18438
Licence
Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale 4.0 International (CC BY-NC 4.0)
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Rupture avec le pays natal: La métaphore de l’expérience exilique dans l’écriture autobiographique

Daria Terebikhina-Noël (1)
(1) Institut des Langues et Cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie
Résumé
anglais
This article analyses the role of conceptual metaphor in representing the rupture with the homeland in the autobiographical writings of Russian-speaking authors exiled to the United States between the 1970s and the 1990s. It demonstrates how the experience of departure, perceived as an irreversible act, is structured by recurrent metaphorical patterns that give meaning to geographic and identity-based alienation. The study of the metaphor of exile as symbolic death in the works of Vassily Aksenov, Pavel Lembersky, and Vadim Mesyats unfolds through the imagery of a funeral rite: departure is depicted as a burial, where the absence of agency of the ‘deceased’ underscores the forced and definitive nature of the rupture, despite a marked ironic distance. In the works of Edward Limonov and Elena Litinskaya, departure is conceptualized as an escape. Through the imagery of fleeing, emigration is reimagined as a prison break and situates rupture within a perspective of liberation. Finally, the analysis of the border crossing in the work of Alexander Genis shows that it functions as a symbolic threshold between two worlds. Rupture here assumes spatial, existential, and metaphysical dimensions, articulating loss and reconstruction. Thus, the metaphors of death and escape transform an individual rupture into a poetics of exile shaped by collective memory and intertextuality.
français
Cet article analyse le rôle de la métaphore conceptuelle dans la représentation de la rupture avec le pays d’enfance au sein de la littérature autobiographique d’écrivains russophones exilés aux États-Unis entre les années 1970 et 1990. Il montre comment l’expérience d’un départ perçu comme irrévocable, est structurée par des schémas métaphoriques récurrents qui donnent sens à la séparation géographique et identitaire. L’étude de la métaphore de l’exil comme mort symbolique, dans les œuvres de Vassili Axionov, Pavel Lembersky et Vadim Mesyats, met en évidence le motif des funérailles : le départ y est figuré comme un enterrement, où l’absence d’agentivité du « défunt » souligne la dimension subie et définitive de la rupture, malgré une tonalité ironique marquée. Chez Édouard Limonov et Elena Litinskaya, le départ est conceptualisé comme une évasion. L’emploi de verbes associés à la fuite transforme l’émigration en sortie de prison et inscrit la rupture dans une perspective de libération. L’analyse du passage de la frontière dans l’œuvre d’Alexandre Guenis montre enfin que celle-ci fonctionne comme un seuil symbolique entre deux mondes. La rupture y revêt une dimension à la fois spatiale, existentielle et métaphysique, articulant perte et reconstruction. Ainsi, les métaphores de la mort et de la fuite transforment une rupture individuelle en une poétique de l’exil nourrie par la mémoire collective et l’intertextualité.
russe
В этой статье рассматривается, как концептуальная метафора помогает писателям передать опыт разрыва с родной страной. Речь идет о русскоязычных авторах, уехавших в США в 1970–1990-е годы, когда отъезд из страны представлял собой не просто смену адреса, а необратимый акт, осмысленный в литературных произведениях через устойчивые образы. На примере текстов Василия Аксенова, Павла Лемберского и Вадима Месяца, в статье анализируется метафора изгнания как «символической смерти». Мотив похорон в этих произведениях подчеркивает окончательный характер разрыва, однако присущая авторам ирония позволяет дистанцироваться от трагизма. У Эдуарда Лимонова и Елены Литинской отъезд концептуализируется как побег: для них это не потеря, а освобождение из тюрьмы, превращающее эмиграцию в путь к свободе. Наконец, у Александра Гениса пересечение границы становится переходом через символический порог. В его оптике разрыв обретает метафизический смысл, становясь мостом между утратой прошлого и созданием нового «я». Таким образом, метафоры смерти и побега превращают личную историю эмиграции в общую поэтику изгнания.
Mots-clés
français
  • [SHS]Humanities and Social Sciences
  • métaphore conceptuelle.
  • autofiction
  • écriture autobiographique
  • émigration russophone
  • littérature de l’exil
anglais
  • Exile literature
  • Russian-speaking emigration
  • Autobiographical writing
  • Autofiction
  • Conceptual metaphor
russe
  • автофикшн
  • концептуальная метафора
  • автобиографическая проза
  • русскоязычная эмиграция
  • итература изгнания
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