anglais
This article, informed by the sociology of social movements, looks into the waves of mobilisations in Georgia between February 2022 and the summer of 2024, which preceded a phase of authoritarian consolidation of power. This pivotal period is characterised by an intensification of protests, which reveal the geopolitical tensions that exist within the country. The article draws on the theoretical framework of critical junctures to explore how these mobilisations materialise the rupture between the citizens’ aspirations and the government’s diplomatic shift. Furthermore, it examines the emergence of renewed protest practices, such as the symbolic use of Europe and Ukraine, and a general mistrust of traditional political elites. A focus on the dynamics of civil society prior to the enactment of the ‘foreign agents law’ enables a more detailed examination of the nuances of a resistance confronted with an impending institutional deadlock.
français
Cet article, qui s’inscrit dans le champ de la sociologie des mouvements sociaux, se penche sur les vagues de manifestations en Géorgie entre février 2022 et l’été 2024, précédant une phase de consolidation autoritaire du pouvoir. À la veille de ce basculement, le but de ce travail est de mettre en lumière les aspects clés d’une société postsoviétique fracturée en pleine mutation. Cette période charnière se caractérise par une intensification des actions collectives contestataires qui agissent comme révélatrices des tensions géopolitiques qui traversent le pays. En s’appuyant sur le cadre théorique des critical junctures, l’article explore comment ces mobilisations cristallisent la fracture entre les aspirations de la population et la réorientation diplomatique du gouvernement. Il s’agit notamment d’examiner l’émergence de pratiques contestataires renouvelées, telles que l’usage symbolique de l’Europe et de l’Ukraine ou la défiance de la représentation envers les élites politiques traditionnelles. En outre, se focaliser sur les dynamiques de la société civile avant l’entrée en vigueur de la loi sur les « agents de l’étranger » permet de documenter les nuances d’une résistance confrontée à un verrouillage institutionnel annoncé.